Procès-verbal de mon escapade au Festif de Baie-St-Paul 2015

11791659_10153408492725631_672064468_nCrédits infographie:  Édith Tremblay

JOUR 1: JEUDI

Même si la couverture que j’avais faite de l’édition 2014 du Festif avait pris une tournure dramatique l’année dernière, les organisateurs ont tout de même cru bon de m’inviter à nouveau cette année à titre de journaliste culturel.

Je vais me permettre un premier apartheid: je ne connais pas grand-chose à la musique francophone et aux artistes hipsters qui en font.  Si j’accepte d’aller à Baie-St-Paul pour couvrir ce festival, c’est pour 2 raisons:

1.  Pour les journalistes, c’est gratuit et je suis supposé être logé et nourri.
2.  Ça me permet de voir (et d’approcher) moult filles PDLC.

Et puisque j’apprends de mes erreurs, cette année, j’ai décidé de me la jouer 100% journaliste au lieu de faire semblant que je suis moi-même un artiste.  Je dis ça parce que l’an passé, je n’avais pas gagné grand-chose à me faire passer pour des musiciens alors que Philippe Fehmiu avait réussi à monopoliser plus de 90% de l’attention publico-médiatique du Festif! de par sa seule présence en camisole.

Et comme l’an passé, c’est via un moyen de transport hybride que j’ai entrepris mon périple en sol charlevoisien: c’est-à-dire à moitié en 10 vitesses et à moitié sur le pouce parce que y’a beaucoup trop de côtes là-bas pour qu’un humain normal s’y rende seulement à vélo.  N’est pas Neil Armstrong qui veut.

J’ai donc quitté Québec autour de midi et c’est autour de 14h que j’ai commencé à faire du pouce, soit au pied de l’astie de grosse côte dans le coin de Ste-Anne-de-Beaupré.

14h01:  J’enlève ma chemise dragon/char afin que les automobilistes soient en mesure de voir que je suis tout de même assez sexy lorsque j’arbore la camisole blanche badass de batteur de femmes.

14h03:  Je commence à faire des fingers aux voitures qui refusent de m’embarquer parce que je suis légèrement impulsif selon les quelques 100 rapports que la psychoéducatrice qui m’a suivi au primaire a écrits au cours de sa vie.

14h11:  Je suis vraiment découragé.  Être un dentiste en voyage en Afrique, c’est certain que je tuerais un lion juste pour le plaisir de me défouler.

14h14:  Je remonte sur ma bécane en chantant “C’est bon des patates” et avec la ferme intention d’obliger un véhicule à s’arrêter dans les plus brefs délais.

14h16:  Un camion Légaré passe un peu près de moi.  C’est le signal…  Dans un long plan séquence au ralenti, je feins d’avoir été percuté et je me mets à zigzaguer de l’accotement à la ligne blanche avant de prendre une assez belle débarque dans le fossé côté jardin.

14h16:  Ledit camion Légaré freine et se range sur le côté en mettant ses 4 flashers.  J’en profite pour imiter le bruit d’une personne qui se tord de douleur alors que je suis bien plus stressé de savoir si j’ai pété ma bouteille de Chemineaud que de savoir si je suis réellement blessé.

14h17:  Un géant au visage semi-familier qui semble avoir le cancer des cheveux se penche au dessus de moi.

–  Géant:  Man?  T’es-tu correct?  Aie, sérieux!  On t’a-tu frappé?  Criss!  J’capote!

–  Moi:  Aoutch!  Aoutch!  Ahhhhhhhhh! Je ne sens plus mes jambes.

– Géant:  Fuck!  J’appelle l’ambulance.

–  Moi:  QUOI?  Euh!  Plaît-il?  Non!  Pas l’ambulance, je t’en supplie.  Ça va mieux…  Je recommence à sentir de l’air passer entre les snaps de mes pantalons.  N’appelle pas les ambulanciers.  J’les truste pas.  La dernière fois, ils m’ont amené à l’urgence alors qu’un simple arrêt au Subway aurait largement fait l’affaire.

–  Géant:  OK!  On peut faire quelque chose pour toi d’abord, man?

–  Moi:  Oui.  Pourriez-vous me faire faire un p’tit bout dans votre panel?

–  Géant:  Oui, oui.  Embarque, viens.  Tu veux aller où?

–  Moi: Si je dis “Baie-St-Paul”, c’est-tu correct?

–  Géant:  Parfait!  On s’en va justement là.

14h19:  Moi et mon 10 vitesses sommes confortablement assis dans le Légaré.  Moi en avant, mon 10 vitesses en arrière avec d’autres dudes et quelques instruments vraiment louches.  Tel que prévu, je serai à Baie-St-Paul en fin d’après-midi…

15h20:  Je sors le CD qui joue dans le camion.  Un espèce de blues vraiment dépressif que tout le monde semble apprécier et connaître par coeur.

–  Moi:  Si ça ne vous dérange pas trop, les p’tits gars, moi, puisque je vais être pogné pour écouter de l’astie de musique plate toute la fin de semaine, j’feelerais plus pour de quoi qui rocke, genre Bon Jovi.  Okay?

–  Géant:  Euh!  C’est parce que le CD qui jouait, c’était notre CD.

–  Moi:  Je sais.  Ce que je propose maintenant, c’est de mettre MON CD.

–  Géant:  Tu comprends pas, là.  Quand je dis «NOTRE CD», c’est parce que c’est vraiment NOUS qui jouons dessus.

–  Moi:  Nah?  Vous?

–  Géant:  Ouais…

–  Moi:  Oh!  Vous êtes qui?

–  Géant:  Moi, c’est  Bernard.  Bernard Adamus.  Pis toi, t’es qui?

–  Moi:  Je suis journaliste.  Chroniqueur musical, pour être plus précis.

–  Géant:  Ah! oui?  Pis comment tu t’appelles?

–  Moi:  Philippe.

–  Géant:  Philippe qui?  Pas Philippe Renaud certain!

–  Moi:  Non.  Fehmiu.  Philippe Fehmiu!

15h24:  J’ignore si ces gars-là sont racistes ou s’ils ont déjà eu des problèmes avec Philippe Fehmiu, mais ils n’ont pas réellement semblé apprécier que je leur révèle mon identité.  En guise de mécontentement, ils m’ont clairement indiqué que je devrais faire le reste de la “run” by myself.

15h25 à 16h:  Je descends environ 40 km de côtes avant d’arriver à destination, le regard fier et la crinière au vent.

16h02:  Je cherche les organisateurs afin de recevoir ma passe-média et mes coupons de bières et de bouffe gratuite.

16h04:  J’ai ma passe-média.

16h12:  Je croise une fille PDLC qui a une passe-artiste.

–  Moi:  Allo!  Vous êtes?

–  Fille:  Marie-Pierre Arthur.

–  Moi:  Enchanté.  Je suis journaliste.  Je peux vous poser quelques questions?

–  Fille:  Oui.

–  Moi:  À la bonheur.  Donc, mademoiselle Arthur, dans quel projet faites-vous partie?

–  Fille:  Euh!  Ben…  Je suis Marie-Pierre Arthur, donc, automatiquement, je fais partie du projet Marie-Pierre Arthur.

–  Moi:  Je ne comprends pas.  Ça me fait penser au mystère entourant l’identité de Pascale Picard.  Votre vrai nom là, c’est quoi?  Allez!  Donnez-moi un scoop.

–  Fille:  Je suis Marie-Pierre Arthur.

–  Moi:  Bon…  D’accord. Vous êtes fermée à la conversation.  Je comprends ça.  Vous, les choristes, vous aimez être dans votre bulle.  Autre question, plus importante cette fois:  avez-vous un chum?

–  Fille:  Oui.  Il est justement avec moi.

–  Moi:  J’imagine qu’il s’appelle Arthur?

–  Fille:  Euh!  Non.  Il s’appelle François.  François Lafontaine.

–  Moi:  Et dans quel groupe joue-t-il?

–  Fille:  Il joue avec moi.

–  Moi:  (…) Merci, ça va être tout.

16h34: Je vais manger avec d’autres journalistes et membres de la communauté artistique avec qui je parle de cette manie qu’ont les chanteuses d’ici de toujours brouiller les cartes quant à leur identité.

16h35:  Ils restent tous de marde.  Je me réfugie donc dans une longue et profonde séance de déficit de l’attention hyper rassurante qui consiste à fixer quelque chose longuement et de façon cross-side.  Dans le cas présent, la chose fixée fut la poitrine d’une fille PDLC qui avait beaucoup de rouge à lèvres et une passe-média.

18h45:  J’assiste au show de Groenland et je crie, voire – je scande – : “En français” à chaque fois que la chanteuse prononce une parole.

18h49:  Un spectateur à besoins intenses me demande de me taire.

18h50:  Je lui montre ma passe-média en lui spécifiant que je travaille pour Québécor et que s’il ne me laisse pas tranquille, je serai dans l’obligation de vendre Baie-St-Paul à la Chine.

19h57:  La chanteuse qui joue sous le nom de Marie-Pier Arthur arrive sur scène aux côtés de ce qui s’apparente à être son chum.

20h18:  Je vais me chercher une bière backstage et je croise Robert Charlebois.

–  Moi:  Robert!  Entre 2 joints tu pourrais faire quelque chose.  Entre 2 joints tu pourrais…  Hein?  Tu pourrais?

–  Robert:  Te grouiller le cul.

–  Moi:  Ride on! La mémoire est encore au rendez-vous.  Impressionnant!  J’ai quelques questions pour toi, Robert.

–  Robert:  Euh!  J’ai pourtant pas d’entrevue à mon horaire me semble.

–  Moi:  Tut-tut-tut!  C’est parce qu’avec moi, c’est toujours exclusif.

–  Robert:  Fais ça vite.  Pis j’espère que ce sera une bonne question.

–  Moi:  D’accord.  Ta couleur préférée, c’est quoi?

–  Robert: Ahahahaah!

–  Moi:  Donc?

–  Robert:  T’es sérieux, là?

–  Moi:  D’après toi?  Tsé!  C’est toi qui viens juste de me demander de faire ça vite.

–  Robert:  J’veux ben, mais me semble que c’est pas d’intérêt public de savoir ça…

–  Moi:  Nous, les journalistes, ça nous intéresse de savoir ça.  Ça en dit long.  Comme Adamus, lui, c’est le brun.  Toi, c’est quoi?

–  Robert:  Ah! bon!  Et on peut savoir ton nom?

–  Moi:  Avec plaisir!  Je m’appelle Philippe.  Philippe Fehmiu.

–  Robert:  Ahaahaahahaah!    Bonne soirée, là.  Ahahaahahahah!

20h21:  Je retourne dans la plèbe et j’essaie de faire du body surfing, mais la petite madame sur laquelle j’essaie d’embarquer reste de marde.

20h25:  Ladite petite madame ne reste plus de marde et me dit quelque chose qui ressemble à: «Voyons!  C’est donc ben achalant ça! T’es en train de tout salir mon chandail!».

20h26:  Je lui montre ma passe-média en lui faisant un clin d’oeil à la Fehmiu, c’est-à-dire en fermant les 2 yeux.  -_-

20h33: Je demande à l’organisation où est ma loge, car je me taperais bien une petite sieste histoire que le temps passe plus vite…

20h34:  On m’avise que je n’ai pas de loge.

20h35:  Je montre ma passe-média, mais on me répète que je n’ai pas de loge.

20h36:  Je cherche une fille qui a une tante dans laquelle je pourrais dormir et/ou me reposer.

20h37:  Je me dis que le mot “tante” est vraiment embêtant parce que dépendamment comment on l’écrit, ça n’a pas le même sens.

20h38:  Je me dis que bof!  Ils comprendront bien le mot qu’ils voudront comprendre.  Un moment donné, faut lâcher prise.  Pis ce qui est cool, c’est qu’à l’oral, il faut deviner quel homophone notre interlocuteur veut employer.

 21h20:  Je retourne voir Robert Charlebois.

–  Moi:  Allo!

–  Robert:  Pas toi?  La sécurité te laisse passer aussi facilement?

–  Moi:  Je suis un média.  🙂

–  Robert:  Qu’est-ce que tu veux?

–  Moi:  Juste jaser pis apprendre à te connaître.

–  Robert:  Vas-y.  Pose-moi une question.  Une dernière.

–  Moi:  Si t’avais trois voeux à faire, ça serait quoi?

–  Robert:  T’es sérieux, là?  On dirait des questions de cour de récréation au primaire.

–  Moi:  Merci!

–  Robert:  J’sais pas trop, mais parmi ces trois voeux, il y aurait sûrement celui de te voir disparaître.

–  Moi:  Ah!  Moi, parmi tes trois voeux, je pense qu’il y aurait celui de me voir chanter Iceberg avec toi en duo.

21h23:  Le guitariste de Robert Charlebois rit en disant “Iceberg Ahahahaah

21h24:  Je quitte la loge côté jardin en me pitchant dans la foule qui semble mystérieusement s’être dispersée puisque le Marie-Pierre Arthur Band a cessé de jouer.

21h43:  Robert Charlebois commence son show et pendant un moment, j’ai l’impression qu’il fait un hommage à la Bottine Souriante.

21h56:  Il chante: “I’m a frog, you’re a frog, kiss me“.

21h57:  Je lui crie:  “En français s’il vous plaît“.

22h00:  Je suis tanné.  Astie que c’est pas facile être journaliste.

22h04:  Je suis de retour dans le Légaré d’Adamus où je me paye une petite sieste que j’espère longue et salvatrice.

23h58:  Adamus me réveille et me crisse dehors avec conviction avant de gober du mush.

0h11:  J’entre au sous-sol de l’église où un band de manouches semble faire un hommage à Beau Dommage, mais sous le nom de Sweet Grass.

0h12:  J’essaie de faire du body surfing en me laissant tomber un peu partout dans la salle.

0h43:  Adamus et ses alcolytes arrivent sur scène.

0h44:  Adamus s’assied.  Le dude mesure 8 pieds, mais il décide de jouer assis…

0h45:  Je lui crie:  “Debout“.

0h48:  Je retourne dans le Légaré et je fouille dans le sac d’Adamus afin de prendre du mush moi avec histoire de mettre un peu de piquant dans ma soirée.  Ne sachant pas trop combien je dois en prendre pour avoir un feeling, je pars avec le reste de son Ziploc.

1h44:  Je me cherche du papier à rouler sous le chapiteau où Fanny Bloom joue.  Je demande à un barbu s’il en a.

–  Moi:  Aie, t’as-tu ça, toi, du papier à rouler?

–  Barbu:  J’ai pas ça, non.  T’as du pot?

–  Moi:  Non.  J’ai du mush

–  Barbu:  Ok…  Pis le papier à rouler, c’est pourquoi?

–  Moi:  Mon mush, j’le mangerai pas…

–  Barbu:  Ah!  Ahahaahha!  Okay?  T’as une passe-média?

–  Moi:  Oui.  Toi, t’as une passe artiste?

–  Barbu:  Oui.  Je suis Claude Bégin.  Toi?

–  Moi:  Pis tu joues avec qui?

–  Barbu:  Ben…  Avec Claude Bégin.  Je suis Claude Bégin.

–  Moi:  Bon…  Un autre!  Enchanté, cousin…  Chu un Bégin moi aussi.  Christian Bégin, mon nom.

–  Barbu:  Ben oui!  Me semble.  Anyway, tu ressembles vraiment à Kid Rock.

–  Moi:  Toi, tu ressembles vraiment au gars d’Alaclair Ensemble que je ne savais pas trop à quoi il servait l’an passé.  Et en passant, ta musique ressemble à du Karim Ouellet.

–  Barbu:  -_-  Man!  Tu devrais plutôt dire que la musique de Karim ressemble à la mienne.

–  Moi:  Ça revient au même.  Bye.

1h53:  Vidé, exténué et vraiment tanné de m’obstiner avec des artistes, je regagne ma loge, c’est-à-dire une toilette chimique dans laquelle je réussis à dormir en position assise pendant près de 12 heures, le sac de mush confortablement écrapouti dans mon sac-banane.

JOUR 2:  VENDREDI

11h44:  Je me réveille un peu dans les vaps, car la chaleur semble avoir donné une deuxième vie aux effluves organiques par dessus lesquelles j’ai dormi.

11h45:  Je sors de ma loge en saluant les bénévoles qui s’affairent à préparer la journée.

–  Bénévole masculin non identifé:  Nah?  Man!?  T’es là depuis quand?  Eurk!  Ahahahaah!

–  Moi:  Bon matin!  Si je veux aller voir le show de Milk and Bone, c’est où?

–  Bénévole:  C’est dans le sous-sol du Café des artistes.

11h59:  Je déjeune au Bouquet, un resto chic dans lequel le sosie de François Bellefeuille casse la croûte en face d’une fille bien en chair qui semble vouloir jouer aux fesses avec lui.

13h32:  J’arrive au show de Milk and Bone et je m’assieds par terre parce que c’est littéralement bandé de monde.

13h33:  Je dors.  La musique de ce duo a quelque chose de salvateur qui s’adapte à merveille à mon déficit d’attention.

14h48:  Un concierge me réveille et m’informe qu’un certain Fred Fortin donne un spectacle secret dans le sous-sol d’un dépanneur.

14h54:   Un portier assez costaud m’informe que je ne peux pas entrer.

14h55:  Je lui montre ma passe-média.

14h55:  Il me dit: “Désolé, c’est complet“.

14h56:  Je lui réponds que Pierre Foglia ne se contente pas d’un simple “Désolé, c’est complet” et je rentre.

14h57:  Je constate que ledit Fred Fortin doit vraiment être cassé et underground pour jouer dans la cave d’un dépanneur tout seul au lieu d’engager quelqu’un pour s’occuper du drum, de la guit ou de l’harmonica.

15h00:  Je remarque que, devant moi, y’a une fille qui passe son show soit à filmer Fred, soit à regarder partout sauf le show.   Je me dis qu’elle doit être kinesthésique.

15h37:  Je sors du dépanneur et pars à la rencontre du show de Mara Tremblay en me demandant quel peut être son véritable nom.

15h44:  J’arrive au show de Mara et je m’installe près de la scène afin d’admirer les filles PDLC de son band, car elles sont 3.

15h59:  Je crois comprendre qu’elle a un fils, car c’est son drummer.  Mais j’me dis que ça ne veut pas nécessairement dire qu’elle est en couple pour autant.

16h01:  Elle remercie son guitariste en spécifiant que c’est son chum.

16h02:  Je me dis que c’est maintenant la mode: les chanteuses sortent avec un membre de leur groupe.  Fred Fortin est probablement célibataire à voir l’état de son groupe.

16h03:  Je dévisage Sunny Duval, le guitariste-chum de Mara.

16h04:  Je trouve qu’il ressemble un peu à Gildor Roy, mais avec des biceps tellement découpés que l’envie de cruiser sa blonde s’estompe jusqu’à disparaître et se muter en quelque chose qui s’apparente à du déni.

17h10:  Je vais voir le show de Philippe B malgré la faim qui me tiraille les trippes.

17h15:  Philippe B est lui aussi accompagné de filles.  J’me dis qu’il ne peut pas sortir avec les 2 en même temps et que j’ai donc encore un peu de chances de coucher avec une artiste d’ici la fin du Festif.

17h18:  Je remarque que ledit Philippe B est vraiment shapé pour aller aux fraises.  Genre que s’il pogne l’Ébola, c’est certain qu’il crève en l’espace de 2 minutes.  Si tu mets 3 Philippe B un par dessus l’autre, ça donne un Bernard Adamus avec des lunettes pis des cheveux normaux.

18h14:  Je vais voir Philippe dans sa loge.

–  Moi:  Salut.  Si tu veux, j’te paye un 12 pouces.

–  Philippe:  Allo?  Non merci, ça va aller.  On se connaît?

–  Moi:  Ben…me semble que t’étais là aussi l’an passé, non?

–  Philippe B:  Non.  C’est ma première fois ici.  Tu dois te mélanger avec Philippe Brach.  Toi, t’es qui?  T’es journaliste?

–  Moi:  Oui.  Pis c’est drôle, moi aussi, je m’appelle Philippe.

–  Philippe B:  Ah oui?  Philippe qui?

–  Moi:  Fehmiu.

–  Philippe B:  Ahahaahahah!

18h17:  À constater les éclats de rire que je provoque quand je dis que je suis Philippe Fehmiu, je me dis que dans le top 10 des mots qui semblent les plus cock-ass trônent probablement au sommet le nom propre Fehmiu.  Je me sens donc soudainement comme un journaliste-amuseur public bénévole, genre Tristan Malavoy

19h00:  Je suis attablé au Subway le plus près en me disant que c’est pas grave si je manque le début de la soirée ska qui meublera ce vendredi soir parce que j’aime pas le ska étant donné que je ne sais pas c’est quoi.

20h12:  Je me pointe tout de même au show des Planet Smashers en scandant “En français” à qui veut bien l’entendre.

20h15:  Je réalise que toutes leurs chansons sont pareilles et qu’ils n’ont pas encore joué la seule toune d’eux que je connais.  Je crie donc: “The world is a vampailleur” à moult reprises à côté d’un dude qui semble trouver ça drôle si je me fie à sa petite face de Gino Chouinard qui mange un muffin cuisiné par Ricardo.

–  Moi:  Tu ris?  T’es de bonne humeur?

–  Dude:  C’est parce que tu demandes une toune des Smashing Pumpkins.  Ahahahaha!

–  Moi:  Ok.  Et boy!  T’as le rire facile, toi.

–  Dude:  🙂

–  Moi:  Tu veux-tu plouffer de rire un bon coup?

–  Dude:  Aweille donc!

–  Moi:  FEHMIU!

–  Dude:  (…)

20h16:  Je lui répète le mot Fehmiu 10-12 fois, mais il reste de marde.  Ça doit être un Otis, que j’me dis.

20h17:  Je retourne dans ma loge faire une sieste parce qu’astie que chu tanné d’entendre des cuivres.

23h18:  Je me fais réveiller par une fille qui crie: “Je vous jure, ça fait 20 minutes que cette toilette-là est barrée.  La personne à l’intérieur doit être mal prise…faut faire de quoi“.

23h19:  Je sors en héros.

23h44:  Je vais voir le show de Galaxie parce que tout le monde semble capoter sur Galaxie.

23h55:  Je remarque que le chum de la fille qui joue dans Marie-Pierre Arthur, François Lafontaine de son nom, joue également dans le groupe Galaxie.

23h56:  Je remarque que Fred Fortin joue aussi dans Galaxie pis j’me dis que c’est chien parce que lui, il joue pour les autres, mais personne ne joue pour lui.

23h57:  Je regarde leur choriste en essayant de deviner avec quel gars du band elle sort pendant que leur drummer s’enligne pour remporter la palme de la personne ayant le plus long décolleté de la fin de semaine.

23h59:  J’essaie de faire du body-surfing pour me faire remarquer par la choriste, mais personne ne m’aide.

0h12:  François Lafontaine décide de faire du body-surfing pis ça marche tempête.

0h13:  Je commence à ressentir quelque chose qui s’apparente à de la jalousie face audit François Lafontaine.  J’y pince donc une fesse lorsqu’il passe au dessus de moi, mais à la Fehmiu, c’est-à-dire avec la bouche.

0h15:  Je remarque que le guitariste est vraiment en transe, mais qu’il semble lui aussi avoir du mal à passer rapidement du gros Sol au B7.

0h30:  Je vais voir Louis-Philippe Gingras qui parle de sa branche à saucisse, un sujet trop souvent ignoré par les artistes.

0h32:  J’en profite pour aller backstage voir si y’a pas des artistes à qui je pourrais poser quelques questions.

–  Moi:  Allo!

–  Gars sympathique:  Allo!

–  Moi:  T’es qui?

–  Gars:  Mononc’ Serge.

–  Moi:  Je peux te poser une question?

–  Gars:   Vite, je monte sur scène dans 15 minutes.

–  Moi:  Si t’étais un animal, tu serais quoi?

–  Gars:  (???)

–  Moi:  Un animal?

–  Gars:  (???)

–  Moi:  Let do.

0h55:  J’assiste au show de Mononc’ Serge en me disant que lui pis moi, on pense sensiblement pareil.

01h33:  Je retourne dans ma loge faire dodo parce qu’une grosse journée m’attend demain.

JOUR 3:  SAMEDI

12h34:  Je sors de ma loge sans tambour ni trompette (je déteste les cuivres), et ce, même si je viens assurément de battre le record du gars qui a dormi le plus longtemps dans une toilette chimique depuis l’invention de l’Humain.

12h56:  J’assiste à la fin du show d’Antoine Corriveau où je suis accueilli avec un verre de jus de pomme et une salade de pois chiches: 2 choses que mon défi 365 jours sans fruits et légumes m’empêchent de consommer.

12h58:  Antoine Corriveau mange ses cheveux.

13h25:  Je retourne au centre-ville en navette en demandant aux gens dans l’étaubus de chanter Chapdoula Hart avec moi afin de ne pas être obligé d’entendre le duo de manouches guitare/violoncelle qui donne un spectacle gratuit dans ladite navette.

14h38:  HEURE FATIDIQUE!  Philippe Fehmiu fait son entrée dans Baie-St-Paul et monopolise toute l’attention que j’essayais d’avoir en l’espace de 2 minutes.  Mêmes les 2 gars de Radio Radio sont collés sur lui pour assister au show de Pierre Kwenders.

14h39:  Je gobe 7 grammes de mush que j’accompagne de quelques gorgées de Chemineaud afin d’oublier mes problèmes.

15h01:  Je fixe Fehmiu.

15h04:  Les deux gars de Radio Radio le lâchent.  J’en profite pour aller les voir.

–  Moi:  Allo!  Vous connaissez Philippe?

–  Radio-Radio barbu:  Mets-en, pis guess what, y’est so awesome!

–  Moi:  Paît-il?

–  Radio-Radio pas barbu mais très hipster:  Nice shoes!

–  Moi:  Plaît-il?

–  Radio-Radio barbu:  Gab tripe so much sur la mode.  Y voulait juste te dire que t’avais des nice shoes.  Pis c’est vrâ.  T’es comme dans GalopeAvec tes cheveux dans le vent
T’aimais jouer hard to get
Avec un smile tu dis qu’j’su wild
Tu veux m’dropper-off au vet
But j’aime ça quance tu t’moques de moi
Roule dans le foin, j’t’ai dans mes bras
Horn qui honk

–  Moi:  Euh!  En français!

15h14:  Le mush embarque.   C’est pas des farces…  Oh boy!

15h18:  J’ai soudainement beaucoup d’imagination, ce qui me redonne envie d’aller voir des artistes afin de leur poser des questions un peu plus senties.

15h22:  Je spotte un gars barbu qui possède une passe-artiste et un air assez bête pour que j’aille envie d’aller le déranger.

–  Moi:  Bon.  T’es qui?

–  Gars:  Dany Placard.

–  Moi:  Enchanté.  Je m’appelle François Bugingo pis j’ai…  Tabarnak, pareille.  Astie!  Ta barbe.  J’peux-tu y toucher?

–  Gars:  Pas touche, non!

–  Moi:   M’en crisse.  Si j’veux y toucher, m’a y toucher.  C’est certainement pas toé qui va m’en empêcher.

15h24:  Je cours dans le stationnement du St-Pub pour toucher la barbe de Placard qui finit par se cacher derrière son bassiste de 6pi6 à qui je fais des gilis-gilis sur la bédaine jusqu’à ce qu’un agent de sécurité nous sépare.

15h27:  Je cours tout de même dans le stationnement sans raison parce que c’est vraiment trippant pis parce que j’ai le droit.

16h44:  Je cours encore, mais de reculons et en chantant She drives me crazy de Fine Young Cannibals.

16h47:  Je poursuis ma route vers le chapiteau où The Seasons joue.

17h12:  Je remarque que moult artistes sont présents à ce show, dont: Mister Valaire, Galaxie, Alex Nevsky…moi.

17h13:  Je crie “Sing in french” aux gars de The Seasons.

17h15:  Je vais voir Alex Nevsky.

–  Moi:  Pa-pa-pa-pa-pa-pa.  (Puis je le fixe en silence et en titubant un peu)

–  Lui:  Allo?

–  Moi:  Pa-pa-pa-pa-pa-pa.

–  Lui:  Okay?

–  Moi:  Pa-pa-pa-pa-pa-pa.

–  Lui:  Okay…  C’t’assez, là…

–  Moi:  Pa-pa-pa-pa-pa-pa.

17h36:  Je remarque que les gars de Mister Valaire trouvent ça drôle que je répète “Pa-pa-pa-pa-pa-pa-pa” depuis environ 20 minutes à Alex Nevsky.

17h38:  Je vais voir Olivier Langevin, le guitariste/chanteur de Galaxie.

–  Moi:  T’es avec ta blonde?

–  Lui:  Oui.

–  Moi:  Que c’est cuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuute!

–  Lui:  (???)

–  Moi:  Un trip à 3, ça te tente-tu?  Genre: moi, une choriste random pis la serveuse au bar!

–  Lui:  Oh!  Mon boy!  Toi t’as l’air magané!  Ahahahah!

18h40:  Je réalise que, en effet, chu champignoné à souhait pis que ça me brasse de plus en plus dans le ventre.  Je passe donc me soulager l’intestin grêle à ma loge pis je reviens au chapiteau pour jaser encore un peu avec les artistes, mais le show est fini pis les seules personnes présentes sont les gars de The Seasons, dont le drummer pourrait être mon frère.

–  Moi:  Hey!  Hello my friends.

–  Le gars des Seasons qui porte des talons:  Allo.  On parle français en passant.

–  Moi:  Hein!  Ah oui?  C’est quoi votre nom de famille?

–  Le gars aux talons:  Mon frère pis moi, on est des Chiasson.

–  Moi:  Ahahaahahahahahaahahahahahahahhahahhahaha!

–  Le frère du gars aux talons:  Quoi?  Pourquoi tu ris?  🙂

–  Moi:  Moi chu un Chie-à-terre!  Ahahahahahahaahahaha!

18h42:  Un long malaise presque palpable s’installe.  Le jeu de mots que je viens de faire ne semble pas aussi drôle quand on n’a pas consommé 7g de mush.  Je recule donc tout en renversant une bière sur la veste du plus grand des 2 frères qui aspire le dégât comme si c’était du venin.

–  Moi:  Ça, c’est quoi?  C’est un pipeau?

–  Drummer de The Seasons:  C’est un gazou, en fait.

–  Moi:  Merci.  Bye!

–  Drummer:  Aie!  Non.  Man…  C’t’à nous.  Criss!  Y’est ben bolo, c’gars-là!

18h43:  Je gazouille des chansons de Mitsou dans les rues de Baie-St-Paul avec mon nouveau pipeau magique tel un amuseur public ou un gars de Tryo.

20h12:  Alex Nevsky fait des “Pa-pa-pa-pa-pa-pa” en choeur avec moi et mon pipeau magique.

20h68:  Je ne feele pas moult et je n’ai plus la notion du temps ni de la vie en général…

21h89:  Je me vide littéralement le corps dans ma loge.  J’en échappe même le pipeau magique dans le bol.   Décidé à ne pas l’abandonner, je le repêche et l’essuie de mon mieux avant d’entreprendre d’aller interviewer d’autres artistes.

22h45445:  Je suis en en bobette à coté du stage pendant que les Trois Accords donnent leur show.  Je tape du pied offbeat en me disant que mon pipeau magique est souillé à jamais mais que c’est pas grave parce que j’ai la santé un un assez gros pinisss…

23h00,05:  Philippe Fehmiu passe près de moi et me vole mon pipeau magique avant d’entrer sur scène pour la chanson finale du show des Trois Accords.  Ce solo improvisé de pipeau magique restera à jamais gravé dans mes anales.

pipeau

minuit 84:  Je suis au show de Chocolat.  Un gars avec un moignon de bras passe près de moi en disant: “J’ai perdu ma main, attention, laissez-moi passer“.

minuit 117:  Je vole une bouteille de Jameson dans la loge et j’en bois 20 gorgées en rotant à chaque 3 “glous-glous”.

Minuit 7×33:  Je trouve un crayon feutre et j’en profite pour écrire Paul Sarrasin sur ma passe-média.

1h303:  Je danse free style sur la musique de We Are Wolves en me disant que si Freddie Mercury  n’était pas mort, c’est comme ça qu’il danserait.

3h68:   Je jase avec Dylan Perron dans le stationnement de l’église.

4h001:  Je crie à Dylan Perron que Voivod est le meilleur groupe de musique de l’histoire du Canada pendant qu’il me regarde croche en reculant.

5h2000:  Je m’endors dans ma loge.

JOUR 4:  DIMANCHE

(Je dors)

JOUR 5:  LUNDI

9h00:  Ça brasse.  J’ouvre la porte.

9h01:  Je réalise que je suis sur le chemin du retour bien en selles sur un camion sanitaire qui semble retourner les toilettes chimiques louées à Québec.

9h02:  Je réalise que mon 10 vitesses fait partie du voyage sans trop comprendre pourquoi ni comment ni… toute…

9h03:  Je sors prendre l’air sur la plateforme roulante qui file à toute vitesse sur la 138 quand soudain, je sens quelque chose de pointu dans mes poches.

MON PIPEAU MAGIQUE!
IL EST RÉAPPARU!

9h04:  Je trouve aussi un petit bout de papier sur lequel c’est écrit:

Même si je trouve que la musique d’aujourd’hui est nulle à CHIER (ahahaahah!), je ne regrette pas d’être VENUE faire un tour au FISTIF (ahahahahaha!).  Jamais je n’aurais cru qu’un jour mon fantasme se réaliserait: coucher avec Paul Sarrasin pendant que Philippe Fehmiu joue du gazou.  Merci!“.

Et c’était signé:

– Marjo
xxx

 

Histoire de peluche (ma maladie mentale)

empathy_vs_sympathy
Permettez-moi un apartheid nostalgico-émotif.

Quand j’étais petit, je dormais avec des toutous.
Au fil du temps, je devais bien en avoir une dizaine.
Certains avaient des noms; d’autres non.
Est-ce que je les trouvais tous beaux?
Je l’ignore.
En fait, je pense que non…ou que je m’en foutais. Continuer à lire

SYLVAIN CASSETTE ET SES POP-TARTES SE PRENNENT POUR TOM WAITS

pochette pathos cassette

Toujours selon la même formule, Gran Talen a proposé un texte dans le cadre du projet Sylvain Cassette et ses Pop-Tartes.

Encore une fois, c’est Cédric C. de Panos qui a relevé le défi en mettant ça à la sauce Tom Waits avec tout ce que ça implique de crasse et de bordel.
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L’autre midi à la table d’à côté avec Lapointe, Pellerin, Tisseyre et MBC

10612889_10152677276740631_3251804080697878165_nInfographie:  Édith Tremblay

Pour une raison qui m’échappe, on m’a demandé d’agir à titre de serveur pour un dîner réunissant Éric Lapointe, Charles Tisseyre, Fred Pellerin et Mathieu Bock-Côté dans le cadre de l’émission “Un autre midi à la table d’à côté“.  Puisque je suis nul comme serveur, j’imagine qu’on m’a choisi surtout pour que je puisse raconter ce qui s’est passé.  Un narrateur témoin, comme ils disent. Continuer à lire

L’autre Tiers-monde; celui pas si loin

Photo_femmes_autochtones
On l’appelle Tiers-monde
Ce peuple dont on a effacé l’histoire
Pour en raconter une meilleure
Ils vécurent malheureux et eurent beaucoup d’enfants
Un conte de fées sans fées
Disney avait probablement juste oublié

On l’appelle Tiers-monde
Parce que “sous-race”, ça laisse un goût amer
Derrière la cravate
Et ça heurte les cordes sensibles
De ceux qui tiennent les ficelles
Ou les cordons de la bourse

Un Tiers-monde fait de miettes
À moitié résigné
Affamé au trois-quart
100% soumis
Du bio-équitable certifié “Made in misery
Attention: FRAGILE
Manipulez avec soins
Au nom de la diplomatie

Ce Tiers-monde qu’on aime croire à mille lieues
Qu’on n’a jamais réellement regardé dans les yeux
Qui n’existe que l’instant d’un don ou d’une pétition
Mais qu’on oublie quand vient le temps de penser à eux
Le jour des élections

On a demandé à des fleurs libres de pousser dans des cuillères à soupe de terres cuites alors qu’elles laissaient jadis traîner leurs graines de beauté sur des sillons en jachère qu’elles appelaient simplement “Le Monde” avant qu’on vienne y ajouter le terme austère de “Tiers”

«Un peuple invisible», disait le chanteur
Tellement invisible que voilà que ses mères disparaissent
Sans laisser de traces
Sans créer de drame
Sans recomptage
Comme des papillons de nuit…

Des marches de l’empereur aller simple seulement
Des impératrices volatilisées
Qui partent à la chasse sans revenir au bercail
Des alertes AMBER sans pancartes
Mortes dans l’oeuf
Sans espoir de rançon
Missing, pas de pinte de lait
Bye
On tourne la page

Terrés derrière nos TV
Gênés d’être lucides
Faudra tout de même un jour oser le dire
Si ça, c’est pas un génocide
Dites au Larousse de nous garder une pleine page
Le temps qu’on trouve les mots justes

Ici gît le Tiers-monde
Né pour un petit pain
Mort à genoux
Les deux pieds dans le pétrin